Ce que j'ai appris au yoga ce matin Publié le 02 Mars 2014

photo 3Ce matin au yoga j'étais dans une position qui me semblait très difficile (Brahmarasana Namaskar).

Je commençais à m'agiter, à bouger la jambe dans un sens et dans l'autre, mon cerveau s'emballait et les mots déchirure musculaire ou baume du tigre se bousculaient dans ma tête.

"J'ai mal" dis-je à mon professeur. Ce dernier est venu doucement près de moi, a posé délicatement la paume de sa main sur mon dos et m'a donné en souriant cet enseignement : "Respire". J'ai inspiré et expiré. J'avais toujours mal. J'ai continué d'inspirer et d'expirer. Au bout d'un moment (assez long et douloureux) tous mes muscles se sont détendus. J'étais prête à m'endormir dans cette posture qui me paraissait pourtant intenable au début. Voici ce que j'ai appris : quand vous êtes dans une position difficile dans votre vie (stress au travail, tension dans votre couple, conflits...), il ne faut pas s'agiter, paniquer, tourner en rond, faire un pas en avant puis deux en arrière... Il est tout simplement nécessaire de respirer en écoutant avec bienveillance votre douleur.  Il ne s'agit pas de penser avec le mental, simplement d'accueillir ce qui est, de ne pas réagir sur le vif. Respirer, patienter... jusqu'à ce que la difficulté n'en sois plus une. Alors seulement vous pourrez faire le choix de rester dans cette position ou au contraire d'en sortir. Alors seulement vous aurez assez de distance et de lâcher prise pour prendre les décisions justes pour votre vie (changer de travail, communiquer différemment...). Vos choix doivent vous apporter confort, libération des tensions et plaisir.Il est commun de paniquer au contact de la douleur et de la souffrance. Or, la peur de souffrir augmente l'intensité des souffrances. Il est donc bon de se calmer pour mieux accepter une difficulté ou faire le choix de se repositionner. Que ce soit bien clair: mon professeur ne m'a pas enseigné à souffrir, la vie nous apporte déjà son lot de complications et il ne s'agit pas de créer de nouvelles barrières. S'il avait jugé que la position était trop difficile et que la douleur était trop intense pour mon corps, il m'aurait immédiatement suggéré une autre position. Il m'a simplement enseigné que j'étais capable de gérer une difficulté et que la  meilleure façon de le faire était de respirer et d'attendre sans peur... Jusqu'à ce que je lâche totalement prise au point de pouvoir déposer mon cœur au sol. Photo ci-contre:-)